*
*
*
Valérie Defournier:
Que peut-on ressentir, à 25 ans, lorsque l'on a accompli en tout juste 3 ans plus de 100 concerts en France et dans le monde entier et 3 fois un évènement comme les Soliday?
*Patrice*:
C'est la troisième fois que je viens ici. C'est un évènement très agréable et je suis d'autant plus heureux de le fêter et de jouer le jour de mon anniversaire (9 juillet) !Je dois avouer que je n'ai pas beaucoup joué en France ces derniers temps car je travaille sur mon prochain album, mais une fois que je l'aurai terminé, je ferai une tournée en France et dans le reste de l'Europe. Quand j'ai commencé à jouer, je savais que le public français et tout particulièrement le public parisien, était très exigeant, mais j'ai constaté qu'ils appréciaient ma musique ! C'est donc un moment et un public spécial pour moi.. Les français sont critiques, mais c'est ce qui me plait chez eux.
VD:
On dit souvent que vous êtes entre Keziah Jones et Prince, cette comparaison vous plaît elle ou luttez-vous pour imposer votre style ?
*P*:
J'ai beaucoup réfléchit à mon style, mais maintenant je dirais que je suis un néo chanteur de soul. A mes débuts, j'ai souvent été comparé et je n'aimais pas trop. Aujourd'hui, je réalise que si on te compare à quelqu'un de grand et de doué, ça veut dire qu'on t'apprécie de la même manière, et c'est plutôt agréable !Cependant, je cherche à faire ma musique et avoir mon style et plus le public écoutera mes albums et suivra ce que je fais, plus il découvrira mon style.
Mais honnêtement personne ne m'a jamais comparé de vive voix à Prince ! Prince est incroyable ! Je l'ai découvert récemment et j'ai réalisé son génie. Il faut savoir que quand j'ai commencé à chanter, jouer de la guitare je ne connaissais pas bien les grands noms de la musique. La seule personne que je vénérais, c'était Bob Marley, pas seulement pour sa musique mais pour ce qu'il incarnait. J'aimais tout de lui et je continue de l'aimer !
VD:
Comment conçoit on un tel style, une fusion entre jazz, nu-soul, reggae, percussions ?
*P*:
A vrai dire, j adore différents styles de musique que j'aime découvrir et interpréter. Quand j'ai commencé à jouer de la nu soul, je ne la maîtrisais pas du tout. Bien sûr, je connaissais la Soul, la vraie, mais je ne la sentais pas. Maintenant, je la sens et peux la comprendre. J'ai mieux compris le Jazz car j'ai eu beaucoup d'échanges avec de nombreux musiciens. En les côtoyant, j'ai pu saisir un point de vue complètement nouveau. Quand j'écris une chanson, je ne préoccupe pas d'un style de musique précis, je veux que les chansons collent avec la musique. C'est comme de la poésie, c'est la beauté de la combinaison des choses, la beauté qu'il y a entre les lignes, entre les mots, les notes... C'est comme en peinture, on ne peut pas tout interpréter, mais ce qui compte c'est l'effet que provoque en toi la peinture. Je ne travaille pas dans l'optique de faire un album et de vendre, j'écris beaucoup plus que ce que je ne produis. De nombreuses chansons ne seront jamais sur un disque. Toutes mes chansons sont comme des bébés, je n ai pas de préférence. Une chanson peut être plus attractive qu'une autre, mais elle ne fera pas que je l'aime plus ou moins. Je dois reconnaître que j'aime beaucoup « Scared », commercialisée uniquement dans la version japonaise, dans les Bonus Tracks. « Sunshine », « Lions » une de mes premières chansons, j'aime son rythme et les paroles.Le prochain album reste un mystère, même si je garde le même style, fait de mélanges et de métissages... Surprise !
Dernier album : “How Do you Call it” – 2003- Sony Music.